Les isolants alternatifs

Plus un isolant est d’origine naturelle, moins il est polluant, moins il nécessite d’énergie grise pour être finalisé. Souvent intégralement biodégradable, il se révèle sans danger à l’usage. Les qualités sont bien évidement fonction des filières et des lieux d’approvisionnement. Mais dans tous les cas, exigez des produits certifiés, contrôlés bénéficiant d’une réelle traçabilité. N’achetez jamais un produit dont le vendeur ne connait pas la capacité, les performances et la provenance. Tout est sur l’étiquette. Si vous n’arrivez pas à la déchiffrer, le vendeur se doit de le faire : c’est son métier.

Vérifiez toujours la composition et les traitements appliqués aux matériaux et privilégiez les produits labellisés.

Il est aussi très important de savoir que les isolants alternatifs voient entrer dans leur composition des liants polyesters qui servent à les rigidifier et leur donner une bonne consistance.

Pensez aussi à consulter la base de données de l’INIES qui sert de référentiel pour les caractéristiques environnementales et sanitaires des matériaux et produits de construction.


Le chanvre
Etoile montante de l’éco-habitat, c’est l’éco-matériau par excellence, qu’il soit présenté en brique, en mortier, en rouleau, en vrac, en laine, en plaque, brut, transformé...). Il est adaptable à toutes les phases et étapes de la construction. Il est peu couteux à produire et tout en offrant de grand rendements, il n’épuise pas les sols.
Bien plus cher que les isolants classiques, il est cependant rentabilisé par l’excellence de ses performances thermiques, hygrométriques, environnementales et sanitaires. Ses avantages sont multiples : isolant phonique aux mêmes performances que la laine de verre, il permet aux murs de respirer, protège du feu, des nuisibles, des acariens…
En rouleaux, il sera utilisé pour les toitures, les combles, et pour le calfeutrage sur parties horizontales, cadrées ou faiblement inclinées.
Les panneaux de laine semi-rigides, sont eux conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.

En vrac, il sera utilisé pour les surfaces horizontales perdues. Il est mélangé à de la chaux pour créer un mortier isolant pour l’intérieur ou l’extérieur.
Les rouleaux et les panneaux se substituent très avantageusement aux laines minérales classiques dans les combles, pour les planchers et les cloisons. Sans risque pour l’Homme, le chanvre n’est pas irritant et se met en œuvre très facilement. Associé à de la chaux, il peut être modelé en briques, en dalles ou utilisé en mortier. Il peut être utilisé à l’intérieur et à l’extérieur, pour le doublage des cloisons et même pour la construction.



Le lin
Cultivé principalement en Normandie, la France en est le second producteur mondial et le premier en terme de qualité. Les fibres qui ne sont pas exploitées par l’industrie textile sont transformées en laine de lin. C’est un isolant de qualité, aux propriétés identiques à celles du chanvre. Il peut en outre absorber 10 fois plus d’eau que la laine de verre sans altérer sa qualité. Il est très plébiscité dans les pays du Nord.
Il contient en panneaux et rouleaux des liants polyesters.
En rouleau, il sera utilisé pour les toitures, les combles, et pour le calfeutrage sur parties horizontales, cadrées ou faiblement inclinées.
Les panneaux de laine semi-rigides, sont eux, conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.

En vrac, on l’utilisera pour les surfaces horizontales perdues. Il sera alors mélangé à de la chaux pour créer un mortier isolant.
Sans risque pour l’Homme, le lin n’est pas irritant et se met en œuvre très facilement. Associé à de la chaux, il peut être modelé en briques, en dalles ou utilisé en mortier. Il peut être utilisé à l’intérieur et à l’extérieur, pour le doublage des cloisons et même pour la construction.



la laine de coton
Le coton est un bon isolant. Il ne conviendra pas aux régions trop froides ou trop humides. Là aussi, gourmand en eau et en pesticides, coûteux en transport, ce matériau fait encore hésiter d’autant que ses qualités ne sont pas les plus performantes qu’il soit.
On distingue deux filières : celle du recyclage (textiles effilochés et coton recyclé) et la naturelle, qui emploie du coton brut, exempt de traitement et de lavage.

En rouleaux, la laine de coton est utilisée pour l’isolation des planchers, des combles

En vrac, elle peut être utilisée pour isoler les planchers, les combles, les toitures en rampants, les murs intérieurs.



Le liège
C’est un des meilleurs isolants phoniques et thermiques. Il est composé à plus de 80 % d’air. Il est imputrescible, ininflammable ; il résiste aux attaques des rongeurs, des insectes, des champignons et des moisissures. 100 % naturel, il est expansé à 300° et ne subit aucun autre traitement. De multiples qualités pour très peu de défauts !

Il est utilisable en vrac, en granulés, en panneaux, en rouleaux. Il convient à l’isolation phonique en intérieur et en extérieur et s’adapte à toutes les surfaces et endroits.
En rouleau, on l’utilisera pour les toitures, les combles, et pour le calfeutrage sur parties horizontales, cadrées ou faiblement inclinées.
Les panneaux de laine semi-rigides, sont conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.
En vrac, il sera utilisé pour sur les surfaces horizontales perdues et mélangé à de la chaux pour créer un mortier isolant.



La laine de mouton
La toison du mouton est imperméable à l’eau et absorbe jusqu’à 30 % de son poids en humidité. Ses qualités thermiques sont excellentes. Mais ce matériau peu coûteux oblige à une certaine prudence…
En effet, selon des professionnels de l’isolation naturelle, utilisée brute (très odorante durant plusieurs mois) il semble que le suint du mouton (la graisse naturelle que sécrète l’animal) ne soit pas éternel. Des invasions de mites se déclarent parfois rapidement et peuvent coloniser la maison. Il est à noter que les rongeurs aiment s’y nicher. Il est donc préférable de se tourner vers les laines lavées, traitées et conditionnées en rouleaux. N’hésitez pas à y ajouter des antimites naturels : copeaux de cèdre, paille de lavande, fougère, pommes de pins…
Un manque de recul nécessaire ne nous permet pas de vous conseiller sans avertissement ce matériau. Les témoignages positifs sont nombreux mais les mauvaises expériences le sont tout autant.
A vous de juger…

En rouleau, on l’utilisera pour les toitures, les combles, et pour le calfeutrage sur parties horizontales, cadrées ou faiblement inclinées.
Les panneaux de laine semi-rigides, sont conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.
En vrac, il sera utilisé pour sur les surfaces horizontales perdues.



La plume
Cet isolant valorise les déchets des plumes et duvets issus des abattoirs. Un complexe composé à 70 % de plumes, 10 % de laine antimite et 20 % de liant polyester ou de fibres textiles offre de bons résultats en matière d’isolation. La plume peut absorber jusqu’à 70% de son poids en eau et sa structure lui permet de l’évacuer très vite. C’est aussi un excellent isolant phonique, et un très bon répulsif. Traitée à 150° , elle est débarrassée de ses acariens.
Ce complexe isolant à la capacité d’ isoler des gros froids et des températures élevées.

En rouleau, elle sera utilisée pour les toitures, les combles, et pour le calfeutrage sur parties horizontales, cadrées ou faiblement inclinées.
Les panneaux de laine semi-rigides, sont conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.
En vrac, on l’utilisera pour sur les surfaces horizontales perdues et hermétiquement closes.



La cellulose
Recyclé, « traité » au sel de bore (traitements contre les moisissures, les insectes et le feu), le papier est un matériau performant et bon marché qui se classe au rang des meilleurs isolants phoniques et thermiques. Il a su convaincre les Etats-Unis et les pays scandinaves. Facile à poser et à mettre en œuvre, il a d’excellentes qualités hygrométriques.
Son caractère écologique peut être parfois sujet à discussion si sa filière n’est pas maitrisée. Mais il a cependant le mérite d’éviter l’incinération des déchets papiers.

Vendu en vrac, en rouleaux, en panneaux, en film fibrés, en feutrines, il s’adapte à toutes les surfaces et en fin de vie, il peut réintégrer les circuits de recyclage.
En rouleau, on l’utilisera pour les toitures, les combles, et pour le calfeutrage sur parties horizontales, cadrées ou faiblement inclinées.
Les panneaux de laine semi-rigides, sont conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.
En vrac, il sera utilisé pour sur les surfaces horizontales perdues.



La fibre de bois
Fabriquée à partir de chutes de bois, les copeaux et fibres transformées en font un très bon isolant thermique et esthétique. Les qualités indiscutables du bois en font donc un choix de premier ordre.
Son utilisation revalorise les déchets sylvicoles et le plus souvent, les liants naturels du bois suffisent à le stabiliser. Du sol au plafond, souple, semi rigide ou rigide, le bois trouvera sa place et vous offrira un confort thermique et acoustique sans pareil.

Les panneaux rigides sont conseillés pour les toitures, les combles et les cloisons.
En vrac (la laine de bois est obtenue par défibrage du bois), on l’utilisera pour les surfaces horizontales perdues.



La perlite
Elle est fabriquée à partir de roches volcaniques broyées et chauffée à plus de 1000°c. L’eau qui y est adjointe, en s’évaporant, fait gonfler les fines particules de roche qui se chargent alors d’air. Imputrescible, ininflammable, la perlite ne craint ni les rongeurs, ni les insectes et s’adapte à l’isolation des combles, des toitures, des terrasses et des planchers. Seul bémol : le coût de son acheminement.


Les résidus de l’activité agricole
De nombreux auto-constructeurs expérimentent et testent de nouveaux isolants.
Le plus souvent, ce sont des sous-produits de l’agriculture, utilisés en vrac ou associés à de la chaux, de la terre ou divers mortiers. Citons par exemple les pailles de blé, la lavande, le seigle, mais aussi le maïs, le tournesol et le colza qui peuvent trouver des applications isolantes. Ces produits font rarement l’objet d’études et de rapports interprétables et sérieux.
Il est intéressant de citer aussi la fibre de coco. C’est la membrane fibreuse qui recouvre la noix. C’est une ressource naturelle, mais elle est trop coûteuse en transport et la notion de commerce équitable est très souvent étrangère aux exploitants locaux. Pour des raisons d’éthique, si la filière n’est pas contrôlée, son choix est donc malheureusement à proscrire.







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